jeudi 3 juillet 2008

Headless possoms in the garden

Nous voila depuis le premier juillet dans une sharehouse de Brisbane, dans le friendly suburb de Kangaroo Point.



Kangaroo point, c'est pas bien loin du CBD de brisbane, 5 minutes en bus, ou 5 minutes en bateau (il suffit de traverser la Brisbane River, ce qui est bien plus agréable que de prendre le RER !)






Ce n'est pas moi qui ai fait ces photos de Kangaroo Point.

Nous avons trois coloc : Kim, un australien / philippin, et Kerry et Elaine, deux irlandais. Tout le monde est gentil et calme, même si Elaine regarde trop de merdes à la télé, mais bon, chacun ses vices. La maison est grande, propre, bien tenue, et il n’y a jamais, Ô grand jamais de vaisselle qui s’empile dans l’évier, awesome non ?

linton street
Linton Street

queenslander
La maison

Kim fait bien les spaghetti bolognaise (pour un kangourou. Les miennes restent meilleures, faut quand même pas déconner.)
Kim a déjà mangé des chauves souris et des serpents.
Kim est barman au casino de Brisbane, et il ne fait même pas de bruit quand il rentre à 5h du matin.
Kim a des jumelles pour observer les perroquets dans les Mango Tree depuis la terrasse de la maison :

- Is it for watching birds ?
- Yes, it is.
- …
- …
- You can give it to me straight, you know. Is it for birds, or is it for girls ?


flower

in the house

livingroom

backyard

Alors, notre nouvelle adresse (même si finalement on a pu trouver du Roquefort) :

Sébastien et Sabrina
90, Linton Street
4169 Kangaroo Point
Brisbane, QLD
Australia


frontdoor

it s good to be home

Officiellement, une sharehouse est une grande maison avec des chambres de bonne taille, ainsi que des parties communes spacieuses et bien aménagée. La sharehouse est souvent bien située, en périphérie des central business districts, ce qui permet de justifier d'un loyer élevé. Dans une grande ville australienne, le loyer de la location d’une chambre en sharehouse oscille entre 100$ et 400$ la semaine : tout dépend d’où vous vous trouvez (par ordre croissant de loyer : Cairns, Brisbane Melbourne, ou Sydney.) Le loyer dépend aussi du standing que vous recherchez (camping, pas du tout confortable, moyennement confortable, ou correct) et du fait que vous acceptiez de partager votre chambre, ou pas. La sharehouse, c’est une bonne façon de s’héberger à l’étranger dans une « vraie maison traditionnelle », et à moindres frais. Pour peu que l’on ai envie de bosser son anglais conversationnel et de se faire des amis, ça reste LA solution à privilégier.

En réalité c’est évidement moins rigolo (si je pouvais dormir au Park Hyatt de The Rocks à Sydney deux mois durant, et converser avec mes amis ailleurs que dans la cuisine, c’est exactement ce que je ferais, malheureusement ça n’est pas encore possible.) Les propriétaires de sharehouse sont des gens souvent très gentils et serviables, voire adorables (prêt à tout pour vous aider à trouver le 7 eleven le plus prôche !)

Mais ... Ils restent néanmoins d’incorrigibles businessmen : javascript:void(0)
Publier le messagele mobilier des chambres est spartiate, il n’y a pas de chauffage (mais vous avez quand même le droit d’en acheter un et de l'utiliser - ce que nous nous sommes empressés de faire, car à Brisbane en hiver, la nuit il fait frais.) S’il y a deux fenêtres dans votre chambre, celle exposée Est n’aura pas de rideaux, ah ah. Pas de double vitrage et pas mal de wildlife alentours, donc le matin pas besoin de réveil, les oiseaux d'australie sont excités et matinaux :) Votre matelas est une merde, vous l’auriez pas refilé à Emmaüs il y a cinq ans, mais votre propriétaire semble faire dans le suramortissement de ses biens meubles. Pour vous préserver d’une scoliose aggravée, vous avez été obligée de reprendre le sport, vous allez donc courir (!!!), et vous faites des étirements (je vous vois rire d’ici mes chers amis !) Si vous visitez une sharehouse dans le centre de Sydney, la surface des parties communes et des chambres aura été réduite au minimum afin de créer plus de chambres, donc plus de loyers, donc plus de fric. Sur Sydney encore, notez que vous avez une chance sur deux pour tomber sur un nid d’asiatiques, avec quatre coréens par chambres de 10m² : ambiance conviviale assurée, progrès en anglais garantis !

Au mois d’avril, avant que l’on prenne notre mini apparte, j’ai visité une sharehouse sur Sydney entre Kings Cross et CBD. Peu après mon arrivée, le jeune propriétaire me montre la chambre double qu’il voulait nous louer 300 $ par semaine (cela fait 800 € par mois, histoire de remettre les pendules à l’heure française.)

Comme il récitait son baratin en me vantant je ne sais quelle connerie useless, moi je voyais juste que sa maison était une grosse pompe à fric. Tout en lui montrant du doigt la chambre en question, dont la surface avoisinait celle du matelas (posé contre un mur du reste, peut-être était elle trop étroite pour le recevoir à plat !), et je lui ai demandé si c’était un placard, OR WHAT ?

Après, j’ai compris comment ça se passait en ville, et comme je sais que le système économique est plus fort que nous, on a poursuivi la visite par curiosité, et il nous a montré les parties communes de sa récente acquisition immobilière. C’était surtout des couloirs aménagés en cuisine et jardin, pas de vraies pièces. Dans les étages, des chambres dortoirs toutes petites avec lits superposés, exactement comme en backpack.

L’industrie du backpacking en Australie a vu son chiffre d’affaire augmenter de 20% l’année dernière, le poussant à 3 milliards de dollars (dépensés par les jeunes visiteurs entre le gîte, la pitence, et l’entertainment.)

Il y a énormément de business et donc d’arnaques niveau hébergement, que ce soit en backpacker ou en sharehouses, et notamment sur Sydney, ou une demande immobilière particulièrement forte permet aux propriétaires d’en arriver à des extrémités de très mauvais goût. Souvent, pour des séjours de courts durées (une ou deux semaines) lorsqu’on ne voyage pas seul, le meilleur rapport qualité prix reste l’hôtel booké sur Internet (ratestogo.com.)

Il me semble que les hôtels australiens ont du souffrir de la très dangereuse concurrence touristique de la si proche Asie du Sud-Est, et se sont vus obligés de baisser leur tarifs afin que les vacanciers n’aillent pas tous bouffer des tum-yam à Phuket.

Exemple frappant : à Surfers Paradise, nous avions un apparte de deux chambres et environ 60 m², à trois avec Fab, pour 75$ la nuit, dans un hôtel en ville, avec jardin tropical, piscine et jacuzzi. Toujours à Surfers, les backpacks louent le bunk bed en dortoir de 4/6/8 respectivement 25/20/15$ et la double ensuite à 80$ (40$ par personne) pour un standing moins élevé.

Sur ces bonnes paroles, Seb étant parti ce matin aux aurores pour donner une leçon de techno à Tokyo, je m’en vais rejoindre mon amie Haley et passer le week-end à Sydney.

Haley n’étant pas une backpackeuse, mais une vraie australienne avec une voiture, elle a acheté un chouette apparte à 20 minutes du centre ville, et là, c’est tout autre chose que ce dont je vous ai parlé : grande piscine chauffée, jacuzzi, sauna, et SALLE DE PING-PONG. Parce que l’Australie, quand on y est installé pour de bon, et qu’on a un bon job, c’est aussi une superbe qualité de vie.

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dimanche 29 juin 2008

Say hello to Brisbane

Dans le centre de Brisbane les rues qui vont d’Est en Ouest sont des filles (Elizabeth et Victoria) et celles qui vont du Nord au Sud sont des garçons (Georges, Albert). Au lieu de dire « at the corner of Georges Street and Elizabeth Street », à tous les coups tu peux dire « where Georges meets Elizabeth » et là tout de suite c’est plus mignon (sauf si tu visualises une vieille en tailleur Chanel entrain de serrer la main d’un retarded cow-boy texan, bien-sûr.) Cette histoire de rues filles et rues garçons, on pourrait croire que c’est un truc commun à toutes les grandes villes d’Australie, mais non, c’est juste à Brisbane.

whynot

Brisbane est une vraie ville fluviale, et non pas côtière, comme on pourrait le croire, puisque l’océan, bien que proche, ne borde pas la ville. Il n’y a donc pas de plage.

brisbane river promenade

Fortitude Valley à l’Est de la Brisbane River est le quartier parfait dont rêve tout jeune citadin « alternatif » et fétard ; concept stores esthétiques, gros clubs à la programmation pointue, bars originaux et superbement décorés, excellents restaurants bon marché de toutes les nationalités, magasins de fringues super pointus, galeries d’art, et animation au rendez-vous dès la nuit tombée. Encore plus ici qu’à Sydney, les locaux sont détendus et souriants. Et ils se marrent assez facilement, y compris dans la rue et pour un rien, ce qui est franchement agréable (mais d’une manière générale, le sourire des australiens dans les rues de leurs villes, c’est tout un poème que nous autres citadins français avons cessé de réciter - moue.)

empire club

boutique

anystreet

queenslander


club frontdoor

Le central business district est semblable à celui de Melbourne ou Sydney, en moins grand, mais tout aussi intéressant. Comme dans toutes les villes d’Australie ; immigration asiatique massive oblige, on trouve à Brisbane des snacks japonais de partout.

Ici, pour quelques dollars, on a un joli take-away set de makis. Alors, bien sûr, on commence à s’habituer à cette abondance d’excellente nourriture asiatique bon marché qui se trouve partout en ville. Et ce qui n’est pas très bon de s’habituer à ça quand on sait combien il me tarde tant de retrouver mes très chers kebabs marseillais (yuk !)

Tout ça pour dire que Brisbane, croule sous l’influence asiatique, tout comme ses grandes sœurs du Sud. Hier je me suis perdue dans une arcade d’Elizabeth Street et je me suis retrouvée à Hong-Kong, ni plus ni moins (avec l’odeur et tout, vous savez, celle qui vous fait plier le nez froncer les sourcils et imaginer le pire quand vous vous baladez au rayon « viande » du supermarché chinois.)

Mais bref, assez de paragraphes contemplatifs, passons aux détails sordides, si vous le voulez bien, parce que là je m’auto-soule à vous refaire le cours de géographie.

Avant-hier, je me suis faite bouffée par des bedbugs.

[ALL GASP]

Bedbugs ? JE N’AI JAMAIS ENTENDU PARLER DE CES BESTIOLES me dit Maman par mail, horrifiée (ce qui me fait beaucoup rire, je me marre toujours quand Maman écrit en majuscules.)

Les bedbugs, donc. Voila un truc encore bien australien (enfin, sub-tropical), comme la red back, le Parmecoon (cf cette explication), ou la Vegemite en tube.

Les bedbugs, ça vous pique pendant que vous dormez, ça fait la fête sur votre ventre façon gros bum plein de vinasse, et puis ça décampe aussi sec (impossible d’essayer d’en exploser un à coup de Rubik’s Cube pour se venger.)

Au réveil vous vous sentez légèrement itchy et puis ... "Later, however, the welts subside but tend not to disappear like those from mosquitos, and persist for up to several week."

Oh ... Realy ? I am so, so happy.

Alors, afin d’éviter tout soupçon qui me ferait encore passer pour une fille de mauvaise vie, je tiens à dire que cette expérience navrante n’a pas eu lieu dans un lieu de débauche (d’une), ni dans un backpack crade (de deux.)

Non, non, je me suis faite sucer la lymphe par ces saloperies dans le lit frais et propre d’un hôtel tout neuf et étoilé. J’ai dormi dans des endroits vraiment pires que celui là, ou je me refusais à poser un seul centimètre carré de ma peau sur les draps, et je pourtant n’ai jamais rien eu. Seb, lui en pleine grosse rhino-pharyngite, n’a pas eu droit au supplice : il est donc clair que ces saloperies de bedbugs savent choisir leur proie et n’aiment pas qu’elles soient infectées.

Quand j’ai montré mon ventre à la réceptionniste de l’hôtel au matin avec mon petit air de lose malheureux des mauvais jour ; elle m’a aussitôt placée dans une chambre beaucoup plus grande, « for apologizing ». Avec, m’assure t elle, un lit vierge de toute bitchy microfaune. « Are you sure ? », demandais-je, sceptique, et visualisant le housekeeper indien faire un méli-mélo de tous les draps de l’étage sans chichi dans son grand chariot.

Bref, wait and see, pour le moment pas d’autres piqûres, mais je traîne à aller au lit (traumatisme oblige.)


AND AAAAAARGH IT’S LIKE YOU GOOGLED MARIAH CARREY IN 2034 !!!
Sur cette photo, vous pouvez aussi voir la marque de ma culotte (so glam.)

La pharmacienne m’ayant soulagée d’un « No, it doesn’t stay on you (laughs) » me voila rassurée avec mon tube de crème et mes jolis boutons rouges violacés un peu partout sur le corps (j’aime particulièrement ceux du ventre, qui forment presque une ligne de trois, comme vous pouvez le voir ci-dessus.)

Tout ça me rappelle l’époque ou faisais du paintball et ou je ramassais des poks*, mais c’est tout de même moins hot.

*pok : À ne pas confondre avec les pokes facebook, ou quand quelqu’un essaie de vous dire poétiquement qu’il ferait bien du sexe avec vous parce que vous avez une bonne touche sur votre profile pic.

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vendredi 6 juin 2008

The Great Barrier Reef & Green Island

Lundi 2 juin on prend le bateau pour Green Island et puis la Grande Barrière de corail.

Sur le bateau y avait 95% de japonais. Du coup y avait un groupe de J-Pop nommé PARASAIL qui essayait de leur vendre des activités à 10.000 yens. Et comme le bateau était blindé de gros pervs tokyoïtes, elles y arrivaient super bien.

parasail

Haem. Ton collégial : La Grande Barrière de Corail est le plus grand système de coraux du monde, de l’univers bla bla. C’est une des sept merveilles du monde. On la voit depuis l’espace, ce qui est normal puisqu’elle mesure 2600 km. C’est quand même la muraille de Chine qui gagne (6700 km.) Bon voilà ici c'est pas non plus le cours de sciences donc pour plus d'infos il y a wikipedia quoi.

Green Island émerge au milieu d’un reef, c’est une île de rainforest de 300 mètres de long pleine d’oiseaux. Elle est coupée en deux : moitié resort cinq étoiles, moitié parc national.

green beach

tree

green island beach

A midi apres la promenade sur Green Island, quand on est arrivés à la grande barrière, « l’Outer Reef » comme ils disent ici, je me suis dis ça, en gros : « Oublie, c’est pas pour toi d’aller te promener là dedans. »


reef
Marée haute, coraux immergés.

reef
Marée moyenne

reef
Marée basse, coraux émergeants

Après, je me suis mis un coup de pied au cul et je me suis dit que c’était le moment ou jamais d’oublier d’avoir peur. Alors, j’ai fait à mon rythme… Je suis restée vingt bonnes minutes assise dans l’eau sur le ponton immergé au bord de la plateforme, avec mes palmes, mon masque et mon tuba relevés sur le nez.


Norman Reef vu d'avion.

Du coup j’ai eu le temps de revisiter tout les sens de l’expression « Se jeter à l’eau. » Souvent, je regarde sous l’eau, toujours assise, en essayant de dégager du positif entre ma curiosité et ma peur. C’est plein de poissons, super calme … La grande barrière de corail, quand même, c’est pas le moment de faire la femme d’intérieur là. J’ai envie d’aller voir, mais ne suis toujours pas spécialement à l’aise à cause de la profondeur … peut-être 6-7 mètres.

Je regarde autour de moi et y a pas mal de monde, ça me rassure ça, et puis l’eau est assez claire, ce n’est pas non plus la Thaïlande mais on voit à 20 mètres devant soi. Je me lâche un peu du bord, nage deux brasses devant moi « pour voir » et je reviens sur le ponton en me disant que c’est peut-être pas insurmontable quand même, j’ai pas eu de montée d’adrénaline en me lâchant dans l’eau. Le maitre nageur me regarde en rigolant, de toute évidence il aime bien ma façon d’y aller étape par étape, toujours super pédagogue avec moi-même.

C’est là que le maori fish « Wally » de son prénom (le dominant du récif), un poisson aussi câlin qu’un gros chat, s’approche de moi avec plein de petits poissons bleus autour de lui.

Parenthèse sur Wally : Wally c’est lui. C’est un Napoleon Maori Wrasse. C’est une grosse star du reef, la mascotte du photographe. En plus d’être un gentil poisson joueur et attachant, il lui permet de vendre plus de 350 photos par jour à tous les japonais du bateau, et à 22$ la jpeg, c’est un bon business, n’est ce pas ?
Une fois il a eu des emmerdes avec les triads de Hong-Kong et a bien failli finir en sushi : heureusement il a été remis en liberté sur son corail, à Norman Reef, avec ses amis (oooooh <3.) Y a même des blogs qui racontent ses exploits auprès des touristes asiats. Avec tout ça, je pense que Disney va bientôt s’occuper de son cas.

Donc Wally s’approche de moi, trop rigolo ce poisson, il doit mesurer un mètre de long, envie de jouer avec. Hop, je suis dans l’eau, je me tiens plus au ponton, pas de peur, pas d’angoisse, c’est même plutôt agréable, je touche Wally et il se laisse faire, envie de rire du coup, je suis entrain de câliner un gros poisson Maori, et c’est pas tous les jours que ça va arriver, ça.

Du coup je continues, nage quelques mètres, j’arrive aux début des coraux et je fais demi tour parce que je veux pas m’aventurer seule : je retourne chercher Seb pour aller plus loin.

Si contente d’avoir surmonté ma peur … Car du coup j’ai pu faire une grosse ballade dans le récif, jusqu’à la dernière balise à cinquante bons mètres du bateau (ça fera rire les bons plongeurs, mais c’est un réel exploit pour moi.)

C’est juste une autre planète là-dessous, ni plus ni moins : des massifs coralliens grands comme des petites maisons, des anémones grosses comme des montgolfières … Le tout dans un calme impossible à recréer en surface. C’est un peu comme de se promener dans une forêt vue d’en haut, quand on passe au dessus de toute cette vie sous-marine.

Des poissons en tous genre, et de toutes les tailles, des roses, des némos, des fluo fishs super bariolés, des bleus turquoise, des tout noirs… Toutes les couleurs et toutes les formes …Certains bougent vite comme des oiseaux, d’autres sont justes là, « posés ». Certains sont même inquiétants, longs et fins comme moitiés de serpents avec quelques nageoires sur le corps, mais droits comme des sabres, gris et immobiles entre deux eaux. Gentils en fait, mais avec une sale gueule, pas trop envie de s’approcher, un peu envie de s’en aller.

Plein d’images dans la tête encore de cette après-midi là.
Juste parfait, à refaire.

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lundi 2 juin 2008

Cairns et le tropical north Queensland

À Cairns, les enseignes sont sous-titrées dans plusieurs langues asiatiques, et les guides de plongée parlent coréens. Dans certains magasins, les produits ne sont même pas étiquetés en anglais. Beaucoup d’asiatiques en vacances, et d’autres venus pour travailler.

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Beaucoup d’aborigènes aussi. Tout comme à Sydney, en les voyant vivre, on a bien mal pour eux. A deux rues d’ici il y a la Croix Rouge, et souvent, juste devant il y en a un qui n’a pas de pieds. Celui-ci est particulièrement malchanceux, mais d’une manière générale, en Australie les aborigènes sont quand même bien mal en point : alcoolisme, maladie, manque d’instruction, chômage et pauvreté font de ravages chez ce peuple a qui l’on a arraché ses terres dans une violence et brutalité inouïe, à « l’américaine », quoi. Basiques massacres, battues géantes, mais aussi empoisonnements, incarcérations, isolement…

Bref, tous les moyens étaient bons pour ne pas cohabiter avec les autochtones en présence, le but c’était de les décimer, ou à défaut, les marginaliser au maximum.

En 1976, les aborigènes ont cessé d’être considérés comme faisant partie de la faune australienne, au même titre que les wombats et les kangourous.

Tout ça pour dire que tout n’a pas été facile pour eux depuis que Cook a débarqué avec ses gros souliers, et qu’encore aujourd’hui, on sent bien à quel point ils ont morflé.

Si beaucoup d’australiens semblent évidement regretter ce passé plus que dramatique, le gouvernement vient à peine de présenter des excuses, et commence à réfléchir à une suite un peu plus gaie pour tout le monde. Mais dans les hautes sphères, si la volonté de réparer est là, personne ne semble encore bien d’accord sur les actions à adopter.

En attendant qu’ils se décident, à Sydney, tous les petits australiens ont les dents bien blanches, vont à l’université le jour et dans des clubs bien cosy et dorés la nuit. Et dans les dans les rues de Cairns, les aborigènes n’ont pas de pieds.

Il y a quand même d’autres choses à raconter sur Cairns tout de même. Le truc le plus facile à faire ici : manger des sushis et se faire faire un massage thaï par une vraie thaï, puisqu’on a un pied en Asie, et l’autre chez la reine d’Angleterre. Le truc le plus difficile ? Y en a pas. Eviter les piqûres de moustiques géants, à la limite.

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Des touristes japonais par centaines font le voyage à Kuranda Village pour la journée. Tokyo Cairns, huit heures de vol, pick-up à l’aéroport, transfert massif en car vers la ville, scenic railway, on prend trois photo du village, on écoute un aborigène jouer du didgeridoo, on cours après un Ulysses Butterfly avec son Nikon D40, on claque 80 000 yens dans les boutiques pour acheter de l’art indigène fabriqué en Chine, on se tape un bon steak de crocodile et un tempura de kangourou, petit bushwalk pour digérer, et hop, dans le car, puis l’avion, et retour dans la capitale nippone pile 24 heures après le départ.
Impressive business n’est ce pas ? Faut dire, entre Tokyo et la Cote Est de l’Australie, y a pas de décalage horaire, donc on peut se permettre de faire ce genre de trucs (quand on est japonais.)

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En vérité, à la fin de l’automne austral, il ne fait pas si chaud que ça au dessus du Tropique du Capricorne. Ca ne nous empêche quand même pas de nager dans la piscine lagoonée et de brunir de la tête aux pieds des que deux rayons se pointent sous les gros nuages gris tropicaux.

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Demain, Green Island et la Grande Barrière de Corail… et jeudi, back to Sydney, avec Fabrice qui arrive de Hong-Kong, et aussi parce que c’est quand même un peu le bled maintenant, avec nos chers homies, le Cross, le Sports Bar, le Havana, L’Empire, le Tropicana Café, la Plantation, Sushi Hero, Kinokuniya, et tout, et tout, et tout !

Home, here we come !!!

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lundi 26 mai 2008

Entre A et B...



700 km, et on ne reconnait même pas le coin de la côte ou ça se trouve.

Voila pourquoi, en Australie, on prend l'avion : ce pays est beaucoup trop grand pour être parcouru par la route.

Mais prenez l'avion aussi parce que le bus, c'est mal, ça tue des wallabies - merci Patrick pour le lien, fameux.)

Non je râle pas, c'était chouette, le bus.

J'ai lu un peu, et puis j'ai dormi aussi paisiblement qu'un possum à qui on mettrait des phares dans la gueule toutes les trois minutes.

Départ Airlie Beach : 20h le samedi, arrivée à Cairns 6h30 du matin le dimanche.

Il est minuit, je suis décalquée, mais j'avoue qu'observer la Croix du Sud en roulant depuis le bush, c'était priceless.

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dimanche 25 mai 2008

Summertime (mouaaais...)

Le bateau que l’on a finalement choisi pour naviguer dans les Whitsundays est le Summertime, un voilier de 70 ans qui était autrefois utilisé pour pêcher.

Détail australien : comme tous les bateaux de croisière ici, c’est un bateau BYO – Bring Your Own (alcohol.) Mais à une seule condition, pas de verre à bord : que des canettes, ou du plastique – pas grave, on pourra lui trouver toutes les circonstances atténuantes possibles : le vin aussie reste dégueulasse.

A Top 50 (30)

On est resté trois jours sur le bateau : le premier jour il a fait moyen beau, et le reste du temps nous avons eu de la pluie. Murphy ? Etant partie avec des fringues taggées « beach culture » (et pas du tout avec un ciré et des bottes), je me suis donc gelé le cul les deux tiers du temps. Sweeeet.

Depuis le Summertime, on peut faire du sea-kayaking, du snorkelling, et du scuba-diving, pour ceux qui n’ont pas peur. On peut voir tout plein de trucs sous l'eau :

A Top 50 (7)

A Top 50 (11)

A Top 50 (12)

A Top 50 (14)

Il y a aussi un spa chauffé sur le pont - très bonne idée ça.

Moi je suis partie en voulant tout faire, avec ma grande gueule (ah ah ah.) Et en fait j’ai fait que du spa, et de la plage.

Les raisons, mon grand courage face aux éléments : on a eu deux jours de pluie sur trois, donc froid, donc pas des masses envie de me baigner, et en plus j’ai peur dans la mer quand c’est profond, et si ya pas de soleil, alors c'est pire.

Alors, pour ceux qui voudraient essayer de me rassurer et y aller de leur couplet sur les méfaits de Spielberg ou le régime alimentaire light des requins du Queensland ; ce n’est pas de la faune que j’ai peur, ni même de me noyer.

C’est juste que je suis victime d’une peur inexplicable, une sorte de vertige ou d'angoisse qui arrive dans les « open waters » et qui fait que je deviens assez nerveuse et ne veux absolument pas continuer à être dans l’eau (ou sous l’eau) pour peu qu’il y ait plus de trois mètres de fond. Avec ça j'ai réussi qu'une fois à me ballader sans peur en eaux "profondes" et c'était à Phi Phi, y avait 5 metres et je voyais le sable en bas comme je vois le fond de ma picsine.

Pas de bol, parce que y a que dans la mer comme ça que je peux être mal à l’aise sans raison tangible. Dans les ascenseurs etc : R.A.S, je suis de ceux qui raconte des blagues pendant qu’on passe les étages « tu connais le nombre de personnes qui perdent un membre chaque année en sortant d’un ascenseur ? ». À choisir, j’aurais préféré avoir peur dans les ascenseurs plutôt que dans la mer. Quoi que ? C’est quand même cool de faire des blagues dans l’ascenseur.

Mais c'est pas tout ! En plus d’être une peureuse dans l’eau, sur un bateau, je suis vraiment la meuf à gifler ou à pendre par les pieds à un mat.

Dans le désordre : je n’ai aucun équilibre, je manque de me casser la gueule dès que le pont est mouillé et qu’il y a deux vagues, je me cogne partout (plusieurs fois et aux mêmes endroits), je ne dors pas de la nuit si ça bouge trop, et quand j’ai enfin réussi a trouver 6 minutes de sommeil entre 6h54 et 7h, on me réveille (de force) pour me faire apercevoir une tortue de mer, et ça ne m’émeut même pas car je suis trop grognon et je fais la gueule en redemandant du café, et là, le skipper (pourtant fan d'heavy metal !) ne choisit rien d’autre que de nous passer du dub alors que son iPod comporte 14.000 mp3. Tout ça pendant que la pluie commence à tomber – à cet instant précis j’avais vraiment envie de pleurer mais je me suis retenue grave.

Pour courronner le tout dans le style boulet : même sur la plage où je suis d’habitude plutôt dans mon élément, j’ai réussi a m’écorcher sous le pied avec du corail mort – pour la bonne et simple raison que la plage EST en corail mort, mais je l’ai vu trop tard, souvenez vous que je n’ai pas dormi. J’ai raté l’iguane que tout le monde a vu pendant un bushwalk, et je n’ai pas mangé de fourmi verte non pas par dégoût, mais par pur désintérêt. Voila, je n’ai servi à rien, je suis définitivement une fille de la plage, qui peut, au mieux, faire du body-board dix minutes d’affilée si elle est super en forme : maintenant je le saurais, même si ça ne m'empéchera pas de réssayer.

Si sur un bateau il vaut mieux me balancer à l’eau pour éviter une catastrophe à bord, je suis assez contente de m’être promenée sur Whitehaven Beach :

A Top 50 (31)
Into the White

A Top 50 (38)
White french touch

Day 1a Whithaven Beach 101
Dead Starfish

Cette longue marbrure bleue et blanche qui s’enfonce dans Whitsunday Island sur plusieurs kilomètres fait partie d’un parc national. Très joli, il m'a rarement été donné d'observer plus sensuel paysage que celui-ci. Le sable de Whitehaven est en pur silica, ce qui fait que certaines américaines se brossent les dents avec parce qu'on leur a dit que c'était cool pour nettoyer leurs bijoux (ah ah.)



Vu la blancheur du sable et le degré de réverbération, inutile de se ballader sur la plage sans lunettes de soleil : en marchant, parfois, on se croirait presque à la Cluzac. Heureusement que l’île entière est protégée car l’on imagine aisément le genre de massacre bétonné que pourrait donner l’exploitation de cet endroit par les promoteurs.

Dans les petits lagons formés entre deux bancs de sable on peut observer des bébés stinger ray (stinger car elles ont un éperon) et des myriades de petits crabes au corp bleu qui devient blanc une fois le crabe mort, comme s'il était dépourvu de sa magie. Très impressionnant les crabes, ils ont une sacrée technologie pour s'enfoncer en deux twist dans le sable, et des les voir tous courrir dans la même direction, ça faisait très ... mini Starship Troopers, heureusement qu’ils n’étaient pas agressifs.

Ah bah oui, je suis meilleure en naturaliste-paysagiste qu’en matelote, c’est comme ça, puis je vous rappelle que si vous êtes pas contents, vous pouvez toujours aller lire le blog d’Eric Tabarly (ah bah non, en fait vous pouvez pas, ah ah.)

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lundi 19 mai 2008

Le tropique du Capricorne coupe Airlie Beach en deux (ou presque.)

Airlie Beach, -20.2675°, 148.716944°.

Le temps n’a pas trop de prise dans cette petite ville balnéaire du Queensland, et c’est étrange de se trouver ici après l’agitation nocturne de Kings Cross et Oxford Street




Les fameux panneaux des plages du Queensland

Pas à me plaindre, cela dit : il fait 25° et je me baigne dès 9 a.m. Je passe mon temps à lire, nager, bronzer, cuisiner, télécharger des mp3 pour MixMeister (mes platines me manquent...) et me demander quelle formule je vais choisir pour aller snorkler la Grande Barrière de corail : plutôt pétasse malibu ananas sur un voilier de 30 mètres, ou plutôt suicidal tendancies, version nage sous marine avec les requins (gentils requins.) Je sais pas trop encore, étant donné qu’ici le plus difficile pour un visiteur, c’est de choisir l’art et la manière de faire le tour de l’archipel des Whitsundays. Sans exagérer, il doit y avoir environ deux cent cruise-operators qui se partagent le joli gâteau tropical, de quoi filer le tournis à Flipper le Dauphin lui-même.

Cela dit, y a un voilier qui s’appelle le Super Raggamuffin. Alors, comme souvent l’esprit de contradiction suffit à motiver mes actes…

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